Paris, ses devises, ses blasons

« Non ce n’était pas le radeau / De la Méduse ce bateau, /  Qu’on se le dis’ au fond des ports, / Dis’ au fond des ports, / Il naviguait en pèr’peinard / Sur la grand-mare des canards, / Et s’app’lait les Copains d’abord / Les Copains d’abord. / Ses fluctuat nec mergitur / C’était pas d’la litteratur’, / N’en déplaise aux jeteurs de sort, / Aux jeteurs de sort, / Son capitaine et ses mat’lots / N’étaient pas des enfants d’salauds, / Mais des amis franco de port, / Des copains d’abord. » (« Les Copains d’abord », Georges Brassens).

pilier des nautes

Fluctuat nec mergitur.

La locution latine Fluctuat nec mergitur, qui est aujourd’hui la devise de Paris, signifie : « il est battu par les flots, mais ne sombre pas ». Elle pourrait également se comprendre  comme : « Paris, malgré le temps et les adversités de toutes sortes, est toujours indestructible ». La devise tend cependant, de nos jours, à se référer plus précisément au navire représenté sur le blason de Paris. Celui-ci constitue un rappel de la puissance de l’antique corporation des Nautes. Les Nautes (ou « Marchands de l’eau » gaulois) de Lutèce avaient constitué une confrérie de riches armateurs mariniers, issus de la nation des Parisii. Ils naviguaient sur la Seine puis, de là, sur les autres fleuves et rivières de Gaule. Parmi les pièces archéologiques qui nous sont parvenues de cette époque, il convient de citer le célèbre pilier des Nautes qui fut mis au jour sous les fondations  de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en 1711. Il est aujourd’hui exposé dans le frigidarium des thermes de Cluny (Musée de Cluny).La devise précitée ne fut toutefois longtemps qu’une devise parmi d’autres. Elle devint officiellement la devise de Paris par un arrêté du 24 novembre 1853 que l’on doit au baron Hausmann, alors préfet de la Seine. Georges Brassens use de la locution pour souligner la solide amitié qui lie les copains du navire allégorique baptisé, comme la chanson elle-même, Les Copains d’abord,

Mont-Joie-Saint-Denis.

Montjoie saint denis

Mais selon une autre tradition, le « cri de Mont-Joie-Saint-Denis fut le premier grand cri de guerre des milices parisiennes : cri d’enthousiasme et d’exaltation, de confiance en la victoire à l’heure où sonne le signal de se ruer sur l’ennemi… » (Contes du Vieux Paris, Pierre Jalabert). Ce cri retentit sur maints champs de bataille : Antioche (1191), Bouvines (1214), Furnes (1292), Mons-en-Puelle (1304), Montargis (1426)… Selon une certaine tradition, rapportée par l’évêque d’Avranches, Robert Cénalis (1532-1560), dans son Histoire de France, c’est à la bataille de Tolbiac (496) que Clovis, roi des Francs saliens, lança le premier ce cri de guerre. Se voyant sur le point de perdre la bataille et alors que ses guerriers se faisaient massacrer par les Alamans, Clovis implora l’aide du Dieu unique de son épouse Clothilde qui lui prêchait la « bonne parole » depuis trois ans, et promit, s’Il lui accordait la victoire, de se convertir au christianisme. Le « ô Dieu de Clothilde » devient parfois « ô Jésus-Christ que Clothilde appelle Fils du Dieu Vivant » ou encore, dans un contexte plus parisien, « Ô Jove, mon Saint-Denis » , soit « mon Jupiter : toi, saint Denis, mon nouveau Dieu ! Veuillez me sauver du péril où va s’effondrer mon royaume ». Toujours selon cette même tradition, de « mon Jove », les chrétiens auraient fait « Mont-Joye », en le complétant du nom de saint Denis. Or, la colline sur laquelle saint Denis aurait, selon sa légende, été décapité, et qui nous est plus connue sous le nom de mons Martyrum (Montmartre), était aussi désignée par le terme de « Mont-Joye ». Ces explications alambiquées et bien peu historiques ne peuvent convaincre, d’autant que saint Denis (souvent confondu à tort avec Denis l’Aéropagite) est un personnage légendaire importé d’Italie peu avant l’an 250 de l’ère chrétienne et que la bataille de Tolbiac est particulièrement peu connue. Selon une explication plus sensée, le terme Mont-Joye désignait jadis un amas de pierres, un tumulus, érigé au bord d’un chemin, soit pour servir de borne indicatrice, soit pour garder le souvenir de quelque événement mémorable et heureux (telle, peut-être, la victoire « miraculeuse » de Clovis à Tolbiac ?). Les pèlerins avaient pour habitude d’y planter des croix aussitôt qu’ils découvraient le lieu de dévotion où ils allaient en pèlerinage. Et lorsque les rois de France prirent saint Denis pour protecteur du royaume et son oriflamme pour bannière de dévotion dans les armées, ledit oriflamme devint le Mont-Joye qui réglait la marche de l’armée, d’où le cri « Mont-Joie Saint-Denis » ! Il convient aussi de savoir que, d’un point de vue historique, il semble que ce cri n’aurait été adopté par les armées du royaume de France que vers le règne de Louis VI le Gros ou le Batailleur (1081-1137). ((Saint-Allais, 1816).

Les armoiries de Paris.

Le blasonnement des armoiries de Paris est le suivant : « De gueules à la nef et équipées et habillée d’argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef d’azur semé de fleur de lys d’or. » Dans sa représentation complète, le blason de Paris comporte également des décorations que la ville a été autorisée à faire figurer dans ses armoiries, à savoir la Légion d’Honneur, la Croix de Guerre 14-18 et la Croix de la Libération. Il est surmonté d’une couronne murale d’or à cinq tours, et encadré à dextre d’une branche de chêne et sénestre d’une de laurier. La devise Fluctuat nec mergitur est classiquement inscrite en dessous.

Comme nous l’avons dit, la tradition fait remonter l’origine du bateau figuré dans les armoiries de Paris aux Nautes de la Lutèce gallo-romaine, certains commentateurs allant jusqu’à dire que ledit bateau évoque l’île de la Cité elle-même, berceau de Paris, à laquelle la nature elle-même aurait donné la forme d’un vaisseau ! Faut-il préciser que tout cela relève, en grande partie, de légendaires spéculations qui, aussi sympathiques soient-elles, apparaissent, une fois encore, bien peu historiques. Le vaisseau semble bien symboliser la corporation des marchands de l’eau, qui donna ensuite naissance à la municipalité de Paris. Toutefois, la première mention historique d’armoiries de Paris ne remonte pas pour autant aux Parisii de Lutèce, mais au règne de Philippe-Auguste (règne : 1180-1223). Au moment de son départ pour la Terre sainte, le monarque donna à Paris ses premières armoiries (1190). Saint Louis (règne : 1226-1270) reconnaîtra officiellement, pour la première fois, le sceau de Paris qui permettait désormais de sceller les actes pris par le prévôt des marchands, désigné par ses pairs, les nautes, pour diriger la cité. Le blason de Paris aurait pris sa forme actuelle en 1358 ( ?). C’est effectivement le roi Jean II (règne : 1350-1364) ou le roi Charles V (règne : 1364-1380) qui aurait donné le chef semé de fleurs de Lys. Mais il faudra vraisemblablement attendre le 2 février 1699 pour voir le sceau de Paris devenir un véritable blason. Durant la Révolution, la municipalité de Paris décide de supprimer ses propres armoiries (novembre 1790), le nouveau régime ayant décrété la suppression de la noblesse et simultanément, de tous les emblèmes y faisant référence.

parisIl fallut attendre la moitié du Premier empire, pour voir les armoiries de Paris rétablies, mais sous une forme nouvelle : d’après des lettres patentes de Napoléon Ier, elles furent officiellement rétablies le 29 janvier 1811 ; leur blasonnement était le suivant : « Le chef pour les villes de premier ordre, ou bonnes villes de l’Empire, était de gueules (rouge) chargé de trois abeilles d’or. A la proue de la nef, la déesse Isis assise. » Tout comme l’Aigle, l’Abeille figure dans la symbolique de l’Etat français (Premier Empire) de 1804 à 1814, durant les Cents-Jours (1815) et au début du Second Empire (1853-1870). Mais pourquoi l’abeille ? Premièrement, l’Empereur souhaite remonter aux sources mérovingiennes et carolingiennes de la France, histoire notamment d’occulter son passé capétien. Or, en 1653, on avait découvert dans la tombe du roi franc, Childéric Ier, à Tournai (Hainaut, Wallonie, Belgique), un trésor dans lequel figurait des abeilles en or. Deuxièmement, alors que Napoléon Ier est à la recherche de nouveaux symboles, le Conseil d’Etat entend Cambacérès et Lacuée vanter les mérites de l’Abeille en ces termes : « une république qui a un chef », ayant un aiguillon mais produisant du miel, l’abeille étant un symbole du travail. Les abeilles d’or de Childéric  seront finalement retenues et semées sur le manteau impérial de pourpre. Mais jugées de facture trop archaïque elles sont finalement abandonnées au profit d’une abeille aux ailes bien détachées. Quant à la déesse Isis, on prétend qu’elle aurait été vénérée dans l’Antiquité par les Nautes de Lutèce. Une étoile d’argent apparaît au-dessus de la nef. En 1817, sous la Restauration, Louis XVIII rétablit les armoiries de Paris dans leur forme d’origine, soit celle de 1358. Durant une brève période s’étendant de 1848 à 1852, soit sous la IIe République, les armoiries de Paris changent à nouveau d’aspect : les fleurs de lys sont remplacées par des étoiles et le navire gagne pas moins de quatre voiles, soit cinq au total ! Retour des abeilles au début Second Empire et, finalement, rétablissement des armoiries d’origine et de son chef fleurdelisé sous Napoléon III.

Les couleurs de Paris.

drapeau parisLes armoiries de Paris telles que nous les connaissons actuellement remonteraient donc à l’année 1358. Mais que s’est-il produit comme événement cette année-là ? On remarque une constante dans les armoires parisiennes, que ce soit sous la Royauté, l’Empire ou la République : l’addition des couleurs rouge et bleue. De fait, ces couleurs sont celles de Paris de longue date et leur apparition officielle nous ramène à l’année 1358 et à un personnage nommé Etienne Marcel.

Au 14e siècle, alors que débute la guerre de Cent Ans, ce prévôt des marchands, issu de la grande bourgeoisie parisienne, joua un rôle politique de premier plan  à Paris et dans le royaume de France, rôle qui l’amènera à s’opposer directement au roi de France Jean le Bon et à son fils, le dauphin Charles. Le 22 février 1358, Etienne Marcel déclenche une révolte armée qui rassemble 3000 personnes. Afin de l’impressionner, le prévôt et sa troupe font irruption dans la chambre du jeune Dauphin Charles et tuent sous ses yeux deux de ses maréchaux.  Ils l’obligent ensuite à se coiffer du chaperon rouge et bleu qu’arborent les insurgés, alors qu’Etienne Marcel se coiffe du chapeau du dauphin. On aura évidemment reconnu dans le rouge et le bleu des chaperons portés par les partisans d’Etienne Marcel, parfois surnommé « le premier maire de Paris », les couleurs de la Ville Lumière.

Mais est-ce Etienne Marcel lui-même qui a fait le choix de ses couleurs ? Certains le prétendent. A moins que lesdites couleurs, si elles apparaissent bien, en 1358, à un moment crucial de l’histoire de Paris et de la France, n’aient de plus anciennes origines. Ainsi le bleu serait une référence à la robe que portait Charlemagne lors du sacre de l’empereur carolingien à Rome, en 800. La robe bleue azur, ornée de lys dorés, a longtemps constitué la couleur du vêtement royal. Quant au rouge, il serait une référence à la couleur de l’oriflamme qui existait sous le règne d’Hughes Capet : l’oriflamme rouge était le symbole protecteur du peuple. Il était également l’étendard sous lequel on se rassemblait lors des batailles à l’époque médiévale. D’autres évoquent le sang du martyr saint Denis. Bref, voilà pourquoi, selon les différentes versions, le drapeau bicolore de Paris est bleu et rouge et, plus précisément, bicolore de bandes verticales bleue et rouge. Des explications qui en valent d’autres, mais d’un point de vue strictement historique, la date d’adoption et l’origine de ces couleurs reste incertaine. On sait par contre que la réunion, sous la Révolution, des couleurs de Paris (bleue et rouge) et des couleurs du roi (blanc), a donné naissance au drapeau tricolore de la France : Bleu, Blanc, Rouge.

Robert Louis et les blasons des vingt arrondissements parisiens.

robert louisRobert Louis (Douai, 1902 – Vincennes, 1965) est un spécialiste d’héraldique et un artiste héraldiste. De 1943 à 1965, il a ainsi dessiné la quasi-totalité des timbres des séries de blasons des provinces françaises et des villes de France. On fait également appel à lui pour réaliser les timbres des postes françaises opérant à l’étranger, à Andorre et dans la Zone d’occupation française établie, durant la guerre froide, en Allemagne de l’Ouest (RFA). A la mort de son père, Mireille Louis le remplacera pour la réalisation de trois derniers timbres (blasons de Auch, Mont-de-Marsan et Saint-Lô).

Mais Robert Louis a aussi repris la composition de Jules-Clément Chaplain pour les armoiries officieuses de la République française et a créé de toutes pièces un certain nombre de blasons pour les départements, de même que pour certaines communes. Pour ce faire, il s’est inspiré d’éléments épars de l’histoire héraldique des provinces et d’éléments liés à la géographie. Ainsi a-t-il créé vingt blasons pour les vingt arrondissements parisiens. Pour rappel, si ceux-ci, alors au nombre de douze, ont été créés en 1795 (loi du 19 vendémiaire an IV), les vingt arrondissements actuels ont été délimités par la loi du 16 juin 1859, suite à l’annexion des faubourgs situés entre les fortifications de l’enceinte de Thiers et le mur des Fermiers généraux. Comme nous allons le voir, les blasons que nous devons à Robert Louis, s’ils pêchent parfois par un excès d’ésotérisme (ex. : 2e, 6e , 7e, 13e), la plupart des blasons se réfèrent dans la plupart des cas à des caractéristiques précises ( ex. : les grappes de raisin du 12e, les édifices du 1er, la maison de la Muette du 16e) et se révèlent particulièrement originaux (ex. : le sémaphore du 20e, le microscope de Pasteur du 15e).

Bien qu’étant parfaitement ignorant, nous le reconnaissons, des questions touchant à l’héraldique, nous avons tenté de permettre une identification la moins malaisée possible, des divers blasons d’arrondissements parisiens et avons essayé, en spéculant quelque peu et sur base de nos connaissances limitées, d’expliquer la raison de la présence de certains symboles sur lesdits blasons. Que de plus érudits que nous en la matière n’hésitent pas à relever nos éventuelles erreurs ou à compléter nos informations !

Chaque jour sur notre page facebook, découvrez un blason d’arrondissement.

Eric TIMMERMANS.

Sources : « Contes du Vieux Paris », Pierre Jalabert, Ed. Fernand Lanore, 1966, p. 112-116 / http://armorialdefrance.fr / http://armorialparis.blogspot.be

 

Marche en l’honneur de Sainte-Geneviève, Rendez-vous le 10 janvier 2015

Etienne Marcel “premier maire de Paris”

Etienne Marcel, prévôt des marchands.

Etienne MarcelEtienne Marcel naquit au début du 14e siècle (entre 1302 et 1310). Socialement, il est issu du grand patriciat urbain, proche du pouvoir. Il s’illustra dans la défense des petits artisans et compagnons qui constituaient la majorité des citadins, face à une noblesse et un clergé qui ne tenaient plus le rôle qui leur était initialement dévoué dans une société féodale à trois ordres : Clergé, Noblesse et Tiers-Etat.  Dans la société féodale en crise, on assiste donc à une montée en puissance de la bourgeoisie qui prend désormais une place prépondérante à tous les niveaux de pouvoir de la société. L’exemple des cités flamandes, italiennes et hanséatiques permet à ladite bourgeoisie de prôner une gestion citadine plutôt basée sur le commerce que sur la propriété foncière. La haute bourgeoisie adoptent progressivement des comportements jusque-là réservé à la noblesse. Ne voit-on pas, en 1330, la prévôté organiser un tournoi au cours duquel les bourgeois combattent comme des chevaliers ? Sous le règne de Jean le Bon (1350-1364), les bourgeois qui n’appartiennent pas au cercle restreint du pouvoir et dont la promotion sociale se voit ainsi bloquée, apparaissent comme les plus fervents promoteurs d’une réforme politique qui doit, selon eux, aboutir à une participation plus grande des Etats, aux côtés de la monarchie. Parmi eux, un certain Etienne Marcel.

C’est dans les années 1330 qu’Etienne Marcel, issu de l’une des plus puissantes familles de la bourgeoisie parisienne, va se lancer dans le commerce du drap. Deux mariages fructueux lui permettent de s’enrichir et d’entrer en politique. Il établit de nouveaux liens avec les riches marchands des communes flamandes. Propriétaire de nombreux immeubles à Paris, Etienne Marcel habite rue de la Vieille Draperie, dans l’île de la Cité. Nous sommes alors au début de la Guerre de Cent Ans. Suite à la désastreuse bataille de Crécy (1346), Pierre des Essarts, beau-père d’Etienne Marcel, et Jean Poilevilain, régulièrement employés par le roi pour des mutations monétaires, sont jugés du mauvais gouvernement de la cité et son jetés en prison. Etienne Marcel parviendra à faire libérer son beau-père qui meurt néanmoins en 1349. Doublé politiquement et financièrement par l’un des gendres de ce dernier, qui parvient à revenir dans l’entourage royal dès 1347, au point de devenir l’un des plus proches conseillers de Jean le Bon, et qui, en outre, s’accaparera la totalité de la succession de Pierre des Essarts, soit 50.000 livres, Etienne Marcel rompt avec son milieu d’origine, d’autant que le roi a décidé de se passer des drapiers parisiens et de passer ses commandes directement à Gand, Louvain et Bruxelles.

En 1354, Etienne Marcel n’en succède pas moins à Jean Pacy, prévôt des marchands de Paris. Et fort de titre qui inclut certaines prérogatives militaires, il se posera, dès 1357, en défenseur du petit peuple urbain. On le voit ainsi combattre les troupes du duc de Lancaster, en Picardie, en novembre 1355, et en 1356, il est en mesure de faire réparer et d’en faire construire un nouveau sur la rive droite (centre de Paris, actuels 3e et 4e arrondissements). Etienne Marcel n’est pas forcément opposé aux Valois, pourtant largement discrédités en ces débuts désastreux de la Guerre de Cent Ans et considèrent, bien au contraire, que les intérêts du roi et des milieux financiers convergent. Face à la menace anglaise, le roi Jean le Bon convoque les Etats généraux de langue d’oïl, le 2 décembre 1355, et annonce la levée d’une armée de 30.000 hommes, ce qui n’est pas sans poser nombre de difficultés financières, d’où nouvelle réunion des Etats en mars 1356. Fort de l’armée ainsi levée, le roi de France poursuit le Prince noir qu’il rattrape à Poitiers. Nouveau désastre : le roi renvoie les troupes envoyées par les villes pour le soutenir, car la noblesse doit remporter seule la victoire ! A l’issue de la bataille de Poitiers (19 septembre 1956), Jean le Bon est fait prisonnier par les Anglais. Ayant refusé de fuir, il acquiert cependant un grand prestige et sauve sa couronne. Il n’en n’est pas moins, fut-ce avec les honneurs, désormais retenu en captivité à Londres. C’est son fils, le Dauphin Charles (18 ans), qui assurera la régence. La campagne française étant soumise au pillage par les troupes de mercenaires démobilisé, Charles propose la création d’une armée permanente de 30.000 hommes, ce qui demande de nouveaux efforts financiers.

Lors de la réunion des Etats généraux du 17 octobre 1356, Charles se heurte à une forte opposition, et notamment à celle d’Etienne Marcel, placé à la tête de la bourgeoisie. Les Etats tentent d’accroître leur emprise sur la monarchie. Charles gagne du temps. Mais face aux mesures financières prises (le peuple voit ses loyers augmentés de 25 %), la population parisienne se révolte. Et Etienne prend le parti des compagnons et des boutiquiers contre la grande bourgeoisie et les spéculateurs. Deux conseils cohabitent désormais : celui du Dauphin et celui des Etats. Les difficultés s’accumulent et des voix s’élèvent pour installer Charles de Navarre, alors en captivité, sur le trône de France. Charles est libéré et est accueilli dans chaque ville avec le protocole réservé au roi. Placé devant le fait accompli, le Dauphin ne peut plus s’opposer aux revendications d’Etienne Marcel et de ses alliés. Les Valois sont clairement menacés. Et la guerre civile menace. Mais le Dauphin met en avant l’incapacité des Etats à organiser la défense du pays malgré l’argent prélevé lors des levées d’impôts et retourne ainsi l’opinion publique en sa faveur, contre les Etats. Le chaos s’installe et, de sa prison, Jean le Bon désavoue le Dauphin. De son côté, constatant l’échec de l’instauration d’une monarchie constitutionnelle contrôlée par voie législative, tente de la faire proclamer par la force, avec Charles de Navarre à sa tête.

Sur ces entre-faits, Jean le Bon cède un tiers ru territoire du royaume de France à l’Angleterre. Cela provoque un tollé dont Etienne Marcel va largement profiter. Il exploite les esprits qui s’échauffent. Un proche du Dauphin est assassiné le 24 janvier 1358. Les partisans du meurtrier et ceux de la victimes s’opposent. Et le 22 février 1358, Etienne Marcel déclenche une révolte armée qui réunit 3000 personnes. Regnault d’Acy, l’un des négociateurs du Traité de Londres, qui a abouti à la cession d’un tiers des terres françaises à l’Angleterre, est poursuivi jusque dans une pâtisserie et égorgé sur place, de même que ses proches. Afin de l’impressionner, Etienne Marcel et sa troupe déboulent dans la chambre du Dauphin, tuent sous ses yeux deux maréchaux et le force à coiffer le chaperon rouge et bleu (les couleurs de Paris), tandis qu’Etienne Marcel se coiffe du chapeau du Dauphin. Politiquement parlant, Etienne Marcel commet une grave erreur en laissant celui-ci en vie, pensant pouvoir ainsi se passer de l’aide de Charles de Navarre. Le jeune Dauphin se révèle un fin politique et jamais Etienne Marcel ne parviendra à exercer sur lui assez d’ascendant. Le Dauphin Charles finit par trouver une occasion de sortir de Paris et d’échapper ainsi à l’emprise d’Etienne Marcel, puis lance la contre-offensive, en s’emparant des portes Montereau et de Meaux qui commandent l’accès à Paris qui se prépare au combat. Eclate, en outre, la Grande Jacquerie de 1358 dont Etienne Marcel va user pour tenter de faire lever l’encerclement de Paris par les troupes du Dauphin. Mais la jacquerie se termine bientôt dans un bain de sang et Charles de Navarre rentre à Paris le 14 juin 1358.

L’essentiel de la noblesse reste toutefois fidèle au Dauphin ; Charles se rallie à Etienne Marcel et s’établit à Saint-Denis. Le Dauphin est à Paris à partir du 29 juin et tente une solution négociée. Mais des mercenaires anglais ont été engagés par le camp d’Etienne Marcel pour pallier à la défection des chevaliers qui ont rejoint, et cela provoque bientôt de graves troubles avec les Parisiens dont plusieurs centaines sont massacrés par les Anglais. Le peuple de Paris se désolidarise d’Etienne Marcel et la suspicion à son égard ne cessera plus d’augmenter. Le 31 juillet 1358, après un signal convenu, il est massacré par la foule avec ses suivants. On retiendra que la prévôté d’Etienne Marcel marqua l’apogée du rôle politique à cette charge. Suite à son échec, les pouvoirs de la prévôté de Paris seront réduits.

Etienne Marcel dans l’Héritage culturel parisien.

Etienne Marcel, « héros révolutionnaire » ?

etienne marcelLe personnage d’Etienne Marcel sera politiquement récupéré par la Révolution et présenté comme un « défenseur du peuple ». Ainsi, le 17 juillet 1789, Louis XVI se vit-il dans l’obligation d’arborer la cocarde bleue et rouge (couleurs auxquelles Lafayette ajoutera le blanc, par respect pour le roi) aux couleurs de Paris, rappel du couvre-chef que le dauphin Charles s’était vu également contraint de porter, quatre siècles plus tôt. Etienne Marcel, nous l’avons vu, était issu d’une riche famille marchande et faisait partie d’une caste socialement bien établie. Son action n’a jamais eu pour but de défendre le peuple, qu’il n’a fait que manipuler politiquement à son profit, mais bien de défendre les privilèges d’une caste et ses intérêts propres. Mieux encore, la reine Marie-Antoinette le comptait parmi ses aïeux en ligne directe, par la fille du prévôt, Marie Marcel ! A Bruxelles, l’image du doyen des métiers, François Anneessens, exécuté par le pouvoir autrichien en 1719, fut semblablement récupérée par les révolutionnaires.  Au 19e siècle, Etienne Marcel est littéralement élevé au rang de mythe républicain et est présenté comme champion de la liberté et de la nation à l’instar de Jeanne d’Arc et de Vercingétorix. Jusqu’à cette époque, Etienne Marcel et ses Jacques étaient considérés comme des révoltés, destructeurs de l’ordre établi. Mais ses origines bourgeoises en font bientôt un « démocrate » avant l’heure ! On va jusqu’à le nommer « Danton du 14e siècle » !

La rue Etienne Marcel.

rue etienne marcelLa rue Etienne Marcel est située entre le 1er et le 2e arrondissements. Ouverte en 1858, elle ne prit le nom d’Etienne Marcel qu’en 1881. Une station de métro de la ligne 4 porte également le nom d’Etienne Marcel.

N°20 : Le quadrilatère compris entre les rues Mauconseil, Montorgueil, Tiqueronne et Saint-Denis fut occupé jadis par la résidence parisienne des ducs de Bourgogne, à savoir l’Hôtel de Bourgogne. En 1402, celui-ci était habité par le duc Jean de Bourgogne, dit Jean Sans Peur. Sans doute le sobriquet de « Sans Peur » donné à Jean de Bourgogne est-il un tantinet ironique, du moins est-ce la conclusion que l’on peut tirer de l’histoire de la création de la tour du même nom. Dans la nuit du 23 au 24 novembre 1407, dans la rue Vieille-du-Temple, Jean tua le duc d’Orléans, son rival de toujours. Trois ans plus tard, craignant la vengeance du fils ou de la veuve de la victime, il fit construire, contre l’hôtel proprement dit, une tour quadrangulaire qui renforçait la défense, déjà puissante, constituée par les restes de l’enceinte bâtie par Philippe-Auguste (règne : 1180-1223). C’est dans cette « chambre de pierre bien tassée, en manière de tour » que Jean Sans Peur allait dormir la nuit. « Dans le tympan ogival d’une des baies extérieures, sur le côté gauche de la tour, étaient sculptés « un fil à plomb et deux rabots ». Ces symboles, que l’on retrouvait sur les habits du duc et sur la livrée de ses gens, signifiaient que, tôt ou tard, les « bâtons noueux » du duc Louis d’Orléans seraient rabotés par le duc de Bourgogne… » (Guide de Paris mystérieux, p.323). La tour Jean Sans Peur constitue aujourd’hui l’ultime spécimen parisien de l’architecture militaire et féodale du Moyen Age, les hôtels de Sens et de Cluny étant d’architecture civile, alors que les tours de la Conciergerie et de la rue du Vertbois sont des reconstructions. La tour est haute de 2 m, longue de 10 m et large de 4,50 m. La construction de la tour n’empêcha toutefois pas Jean Sans Peur de mourir assassiné, en 1419, au pont de Montereau, par les chefs du parti Armagnac. En 1543, l’Hôtel de Bourgogne tombait en ruines et François Ier les fit lotir. Sous Henri III, c’est un seigneur espagnol du nom de Diego de Mendoça, ambassadeur et propriétaire d’une partie est de l’ancien hôtel, qui s’opposa à la destruction de la vieille tour : c’est à lui que l’on doit la conservation de ce précieux vestige du passé. La tour Jean Sans Peur est aujourd’hui classée et peut être visitée. Une salle de spectacle fut construite sur une partie de l’ancien Hôtel de Bourgogne, en 1548. Elle devient, en 1628, le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne. Elle fut finalement fermée en 1783, parce que trop vétuste et toute la troupe fut transférée dans une autre salle, construite sur l’emplacement de l’Hôtel de Choiseul, qui portera notamment le nom d’Opéra-Comique. Ces fait sont rappelés  par une inscription placée au n°29.

N°46 : Immeuble atypique confrontant trois rues : les rues Etienne-Marcel, du Louvre et d’Argout.

Etienne Marcel en scène.

En 1879, Camille Saint-Saëns écrit un opéra en quatre actes qu’il nomme Etienne Marcel. Et en 1884, G. Champagne lui consacre une pièce intitulée Etienne Marcel ou le défenseur du peuple.

Etienne Marcel statufié.

Etienne MarcelLe 15 juin 1888, une statue équestre d’Etienne Marcel est inaugurée  dans les jardins de l’Hôtel de Ville de Paris. Cette statue fut longtemps cachée aux yeux du public par la végétation, mais en 1999, une violente tempête détruisit cette barrière végétale. La statue est aujourd’hui visible depuis la Seine. L’artiste qui devait réaliser la statue fut choisi en 1882, à la suite d’un concours. Il s’agissait du Toulousain Jean-Antoine Idrac. Mais l’année suivante, il mourut de typhoïde, et le cheval dût être réalisé par un autre Toulousain nommé Laurent Marquestre. Le monument en bronze pèse 4700 kg. L’érection de cette statue découlait d’une volonté de la municipalité de protester contre une décision visant à maintenir ladite municipalité parisienne sous la tutelle du préfet. Mais il fallut attendre l’année 1977 pour que les Parisiens puissent élire un maire en la personne de Jacques Chirac. En 1888, le gouvernement refusa d’assister à l’inauguration de la statue et c’est le préfet Poubelle (qui a donné son nom à cet objet usuel) qui se vit dans l’obligation de se charger de cette tâche !

Un mot sur l’Hôtel de Ville et sa place.

La place de l’Hôtel de Ville fut nommée place de Grève jusqu’en 1830. Elle devait son nom à sa situation près des berges de la Seine, la grève étant un terrain plat composé de graviers ou de sable en bord de mer ou de cours d’eau, la Seine, en l’occurrence. Jadis, il était facile d’y décharger des marchandises arrivant par la Seine. La place de Grève, qui n’avait été jusque-là qu’un lieu désert, fut officiellement établie dans le courant du 12e siècle, en vertu d’une charte du roi Louis VII dit le Jeune et sur la demande des bourgeois de Paris. Le mot « grève » désigne également, on le sait, un arrêt volontaire de travail, mais à l’origine, cela signifiait « se tenir sur la place de Grève en attendant de l’ouvrage ». De fait, lorsqu’un marché s’installa à proximité de ladite grève, les hommes y trouvèrent aisément du travail. Ce port de Grève devait bientôt alimenter tout Paris. La place de Grève fut longtemps un lieu d’exécutions. La première date de l’année 1310, époque à laquelle on condamna pour hérésie une certaine Marguerite Perrette, qui fut brûlée en place publique.  En 1246, saint Louis créa la première institution municipale : les bourgeois élirent leurs représentants auprès du pouvoir central –les échevins- dont le chef appelé le prévôt des marchands, fut celui de la puissante hanse parisienne. La maison commune où ils tenaient leurs réunions prit, en 1246, le nom de parloir aux Bourgeois. En 1357, Etienne Marcel, prévôt des marchands, fit l’acquisition de la « Maison aux Piliers ». Ce fut le premier Hôtel de Ville et c’est à cet endroit, depuis, que se dresse le siège des institutions municipales de Paris. Au 16e siècle, la « Maison aux Piliers » est remplacée par un véritable palais dessiné par l’architecte italien Boccador. Ce nouvel édifice sera construit entre 1533 et 1628, puis rénové entre 1837 et 1848, tout en préservant la façade Renaissance. Mais le 24 mai 1871, un groupe de communards allume un incendie qui réduira le palais en cendres. Archives et bibliothèque partent en fumée. Le bâtiment sera reconstruit entre 1874 et 1882, l’actuelle façade de style néo renaissance s’inspirant largement de celle du bâtiment disparu. La façade principale est ornementée de personnages ayant marqué l’histoire de Paris : artistes, savants , politiciens, industriels, ce qui était déjà le cas pour l’ancien hôtel.

Eric TIMMERMANS.

Sources : « Connaissance du Vieux Paris – Rive droite  », J. Hillairet, Editions Princesse, 1951-1953-1954, p. 57-59, 115-118 / « Guide de Paris mystérieux », les Guides noirs, Editions Tchou Princesse, 1979.

 

 

Samedi 10 janvier 2015 – 10 ans de la marche en l’honneur de Sainte Geneviève

Paris Fierté vous donne rendez-vous le 10 janvier 2015 pour la 3e Journée de la Fierté parisienne

et les 10 ans de la Marche en l’honneur de Sainte Geneviève, patronne de Paris.

Venez nombreux et en famille.

Le lieu sera précisé ultérieurement.

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Descente dans les entrailles de Paris

Pour Paris Fierté, qui connaît bien le pavé parisien, c’est un plaisir de faire découvrir   un Paris caché, celui de ses entrailles. Témoignage d’un de ses gamins de Paname qui faisait sa première descente.

A au moins 25 mètres sous nos pieds se trouve un dédale de galeries, catacombes, carrières, galeries du réseau électrique, égouts, métros … La capitale repose sur un véritable gruyère qui ne demande qu’à être exploré par les aventuriers urbains que nous sommes.

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Rendez-vous donc à 20h dans le 14ème arrondissement, pas loin de la petite ceinture. Il fait froid, mais l’excitation et l’appréhension de notre première soirée dans les « catas » nous fait vite oublier la météo. 20h15, nous sommes au complet et après avoir vérifié notre matériel (lampe frontale, bougies, casse-croûte, boisson) nous nous mettons en route à la suite de notre guide pour la soirée. Séparés en deux groupes, nous franchissons d’un bond la rambarde qui empêche l’accès à la petite ceinture et nous nous regroupons discrètement sur le ballast. Commence une marche de quelques minutes le long des rails, nous avançons dans l’obscurité, à tâtons, avant de pénétrer dans un tunnel. Notre guide cherche l’entrée de sa lampe en faisant courir le faisceau au niveau du sol le long des murs. Trouvée !
L’ouverture : un trou dans le mur, au ras du sol, à peine assez large pour laisser passer un homme couché. Nous nous y faufilons les uns après les autres et nous atterrissons dans une galerie où on ne tient qu’accroupis. Il est temps d’allumer nos lampes. Nous sommes dans les galeries d’une ancienne centrale électrique, les murs sont couverts de graffitis, des traces de gens qui marquent leur passage ou leur territoire à la bombe de peinture. Premier coude, la galerie s’agrandit, on peut tenir debout. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il fait bon sous Paris.

Notre guide mène la marche, carte en main et trajet en tête, nous voilà partis dans les entrailles de Paris. Notre trajet nous mènera d’abord à travers des galeries où passaient des câbles électriques, ponctuées d’anciens transformateurs peinturlurés.

Il a plu les jours précédents. L’humidité commence à se faire sentir, et ce n’est que le début. Bientôt nous traversons de grandes flaques, puis nous avons rapidement de l’eau jusqu’aux genoux, puis jusqu’en haut des cuisses, nous venons de traverser notre premier boyau inondé.

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Nous sommes dans un véritable dédale de galeries, les noms de rues peints sur les mus nous rappellent que nous évoluons sous notre ville ! Après avoir marché une bonne heure il est temps de prendre l’apéro, nous faisons notre première pause au cabinet minéralogique. Nous allumons les bougies et flambeaux et nous éteignons les lampes frontales afin de boire un coup et casser la croûte. Le cabinet minéralogique est un endroit cocasse, une petite pièce où des ossements étaient autrefois entreposés. Une petite chapelle, sculptée à même le mur, décore le fond de la pièce et des marches s’élèvent au milieu de celle-ci et s’arrêtent au plafond. Après avoir trinqué, nous reprenons notre périple.

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Nous voilà presque sous la place Denfert-Rochereau, près de l’entrée touristique des catacombes. Notre guide nous annonce que nous allons passer à la « Librairie », une niche qui, comme son nom l’indique, accueille les livres que les visiteurs y laissent ou souhaitent y emprunter. Nous y laissons symboliquement le Hors-série de Livr’Arbitres consacré à la Journée de la fierté parisienne. Nous traversons plusieurs grandes salles dont certaines ont été décorées par des grapheurs connus. Nous sommes maintenant sous Port-Royal. L’humidité est toujours présente mais les flaques sont plus petites, nous sommes au sec et nous marchons à la lueur de nos lampes et de nos flambeaux.

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Nous passons à proximité de la « Plage », une des plus grandes salles dans cette partie des catacombes, les rythmes techno qui s’en échappent trahissent la soirée qui est en train de s’y tenir. Cela fait maintenant bientôt 2h30 que nous sommes sous terre, il va falloir songer à dîner puis à rentrer. Dernier arrêt sur notre trajet à la « Chaumière », une salle avec des bancs et une table en pierre, parfaite pour se poser un instant et se restaurer. Sortez la ch

Rassasiés, nous nous dirigeons vers la sortie, ce qui, nous le verrons, ne sera pas de tout repos. A la lueur des flambeaux, nous progressons dans les boyaux. Tantôt debout, tantôt accroupis à marcher en canard, nous avançons tant bien que mal en évitant les flaques qui se font de plus en plus nombreuses. Nous tombons alors sur une autre galerie inondée, le niveau de l’eau monte au-dessus de la taille ! arcuterie et le vin, rallumez les bougies !

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Nous traversons en portant nos sacs au-dessus de nos têtes. Cela sera notre dernier obstacle de la soirée, mais pas des moindres.

Bientôt la sortie, après 3h dans les catacombes, sur une boucle nous ayant entraîné de Porte d’Orléans à Porte d’Orléans en passant sous Denfert-Rochereau et Port-Royal. Nous ressortons par la même chatière que nous avons empruntée à l’aller. Et nous voilà repartis le long de la petite ceinture, mouillés, fourbus, mais heureux d’avoir découvert un côté de Paris que nous ne connaissions pas…

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10 janvier 2015 – 10ème marche Sainte-Geneviève et 3è Journée de la fierté parisienne

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