La poésie du parisien Sempé s’empare de l’Hotel de Ville
Publié le 22 octobre 2011 dans Agenda, Artistes à Paris, Culture
La mairie de Paris accueille une nouvelle et belle exposition consacrée à une partie de la production monstre du dessinateur Sempé. Le petit Nicolas, auquel la Ville avait déjà offert une rétrospective, est plutôt absent de ces 300 dessins qui nous concentrent sur Paris, New-York et les petites manies des citadins. Sensible, drôle, poétique… et l’entrée est gratuite !
L’étage joue la carte du chronologique, c’est avec émotion que l’on découvre les tous premiers dessins de Sempé qui travaille alors chez un courtier en vin à Bordeaux. Très vite, les premiers dessins de presse arrivent. Nombreuses sont les couvertures et les dessins d’humour. Le rire léger, un comique class, voilà ce qui caractérise Sempé : » Si je me laisse submerger par l’actualité, c’est fichu ! L’autre jour, après avoir entendu à la radio le récit du krach boursier, je suis sorti dans la rue : une dame avait fait tomber son pain par terre, une autre l’avait ramassé et toutes deux parlaient. C’était formidable. Il y avait un tel décalage entre ce que je venais d’entendre et cette scène… Ce sont ces infinis détails, ces avatars quotidiens, qui assurent la pérennité des choses, tout en les rendant déconcertantes et même comiques « .
Le détail, la faille qui va déclencher le rire ou l’émotion c’est ce qui caractérise l’ensemble du travail montré ici. On note de nombreuses foules parisiennes où un individu se met à part, dans une jolie bulle. Tel ce monsieur qui s’arrête net devant un bas dans une vitrine de lingerie, ou ce chauffeur de bus apeuré par le monde qui s’apprête à monter, ou encore cette belle dame qui traverse un pont, toute légère alors que tout bouchonne tout autour. A contrario, il présente souvent des personnages seuls dans un environnement vide. Deux dames dans une rue haussmannienne déserte, une manifestation d’un seul homme qui dit non…
La scénographie donne un aspect aérien à l’exposition en posant les dessins sur des chevalets. On se promène entre, prenant le temps de détailler chaque œuvre. On découvre une collaboration avec Modiano avec qui il a créé le personnage de Catherine Certitude. Une salle entière est allouée aux couvertures du New Yorker. Sempé a illustré fréquemment cette Une sans mots. Dans une démarche intelligente, les commissaires d’exposition ont opposé le dessin original au magazine. On frissonne devant ce chat scotché par les buildings.
Sempé touche ainsi à l’âme, il vient s’attaquer avec l’œil du pratiquant à la psychanalyse, offrant un dessin hilarant, où dans le dos de l’analyste, surgit sur le côté du divan où une fine dame est allongée un mari qui ne veut pas savoir ses secrets dévoilés. Les parisiens comme les New-Yorkais apparaissent ici drogués à la psychanalyse et au spectacle. Les affres de la production culturelle sont pointées avec un humour grinçant. Une scène de théâtre contemporain, à moins que cela ne soit une manifestation d’intermittent où une galerie d’art merveilleuse mais située … au fond d’une grotte… Un peu loin pour nous tous qui à l’instar de tous ces personnages, aimons paris d’amour, ses embouteillages et ses boulevards. Encore une fois, la Marie de Paris nous invite à une exposition qui fait glisser un doux regard sur la belle capitale.
Source : Amelie Blaustein Niddam pour toutelaculture.com
A partir du 21 octobre jusqu’au 11 fevrier 2012
Lieu: Hotel de Ville, 5 rue Lobeau, 75004, Paris
Horaire:
10h à 19h, fermé dimanche et fêtes.
Exposition gratuite


Je suis l’auteur de ce papier.Merci de rétablir ma signature en début d’article .
Amelie
La source était indiquée, avec renvoi vers votre article sur “Toute la culture” où votre nom est indiqué.
Mais nous pouvons bien évidemment le rajouter
Cordialement,
PF
ps: Nous vous invitons à vous rapprocher de votre webmestre, celui-ci à commis la lourde erreur de reporter le nom des auteurs en bas (!) et non en haut de chaque article.