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COMMUNIQUE DU 28 NOVEMBRE 2005
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PEGUY ET PARIS
25 nvembre 2005
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Le vendredi 25 Novembre, une trentaine de camarades se réunissaient pour rendre hommage au grand écrivain et grand français, Charles Péguy, poète éternel mort sur le champ de bataille de la Marne dans les premiers mois de la grande guerre civile européenne.
Péguy, écrivain iconoclaste en lutte perpétuelle contre les conformismes de son temps, a beaucoup écrit sur les beautés mais aussi les dangers de notre capitale et c’est notamment à ce titre que l’association Paris Fierté avait décidé de lui consacrer sa seconde soirée littéraire.
C’est dans la bruyante chaleur d’un bar que débutaient les lectures des textes de Péguy en vers et en prose, puis la petite troupe s’installait sur le parvis de Notre Dame pour poursuivre, à la lueur des flambeaux, les évocations de la Ville Lumière et de son enivrante spiritualité.
Réchauffés par quelques verres de vin et quelques chants de tradition, les participants rejoignirent ensuite un bar de Saint-Germain pour y terminer cette soirée de littérature, de souvenirs et d’amitié.
 L'invitation à la Nuit
Texte d'introduction :
Quel beau thème pour une soirée que Péguy et Paris ou le Paris de Péguy plutôt, car comme pour tout Péguy s’approprie les choses, la ville lumière n’y fait pas exception.
Charles Péguy est né à Orléans de l’autre côté de la plaine de Beauce qu’il voyait comme une immense mer secouée par des tempêtes de terre, hérissée pendant l’été d’épis de blés qui reproduisent à l’infini les flèches de Notre Dame de Chartres.
Pourtant c’est vers Paris qu’il est attiré. C’est là qu’il va naître comme auteur, qu’il va se démener comme activiste, qu’il va se créer un monde à lui.
Péguy aime et déteste Paris. Il fuit la Capitale tous les soirs pour retrouver le calme de sa maison d’Orsay où il peut aller méditer ses textes furieux au milieu des champs. Pourtant tous les jours, avec une précision d’horloger il la retrouve. Il se rend dans sa boutique, rue de la Sorbonne ou chez son imprimeur à Suresnes. On le voit à la terrasse de café boulevard Saint Michel débattant sans cesse de la duperie du monde moderne. On le retrouve traversant le bois de Boulogne ou le Luxembourg d’un pas rapide parfois en compagnie de Jaurès quand ils n’étaient pas fâchés, d’Halévy, de Psichiari, de Benda ou de Maritain. Il marche infatigablement, il n’aime pas le métropolitain et ses deux lignes inaugurées à l’occasion de l’exposition universelle de 1900. Quelle utilité d’aller si vite! Mais tous les soirs, il change de vie et retrouve le calme de sa salle à manger où il noircit des pages et des pages de colère mais aussi d’espérances.
Ne voulait-il pas former avec ses amis le grand parti des mécontemporains? Il voulait aussi fonder le parti des hommes de quarante ans, ceux qui ne se sont pas laissé embourgeoisée et chez qui l’appel mystique demeure bien vivant. Que de partis pour un homme qui fuit toute sa vie comme autant de pestes, les étiquettes qu’on voulut lui accrocher. Mais surtout le grand parti qu’il voulut fonder c’est le L.P.D.G.Q.N.Q.P.P.P.L.M.D.E, le parti des gens qui ne quittent pas Paris pendant les mois d’été : « Paris appartient à ceux qui pendant les mois d’été préparent les campagnes d’hiver » (Victor-Marie, Comte Hugo).
Dans les textes que vous allez entendre ce soir, vous découvrirez une part de l’essence de l’écriture de Péguy. Paris devient cette chose vivante à la fois malfaisante et sainte, moderne et antique, païenne et chrétienne lieu de mémoire sur de la France toute entière, organique, charnelle, où le pont Alexandre III est aussi louche que la politique franco-russe, les Invalides sous la neige rappellent la triste retraite de Russie, les Petits et Grand Palais dégouline de la prétention des modernes, où les jardins du Luxembourg en été deviennent un nouvel éden et surtout où chaque flaque de boue ou modeste pavé a une histoire à raconter.
Péguy ne quittera Paris en Août 1914, vingt ans après son arrivée, dérogeant pour le salut de la France, à la règle de son parti. Il sera fauché un mois plus tard par une balle allemande, la veille du début officiel de la bataille de la Marne. Il s’effondrera dans un autre océan de terre, la plaine de champagne, il avait 42 ans.
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